L’amputation” de la prime pour l’emploi inquiète l’opposition et les syndicats

Le redéploiement partiel de la prime pour l’emploi pour financer le Revenu de solidarité active (RSA), annoncé jeudi par Nicolas Sarkozy, suscite les inquiétudes d’une partie de la classe politique et des syndicats qui craignent que les salariés modestes soient ainsi pénalisés pour aider les plus pauvres. Le chef de l’Etat a déclaré qu’il voulait généraliser le RSA “l’année prochaine” en le finançant par un redéploiement partiel de la Prime pour l’emploi (PPE), pour un coût de “1 ou 1,5 milliard d’euros”.

L’ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius a estimé, samedi 25 avril, la réforme proposée jeudi par Nicolas Sarkozy représente la fin de la Prime pour l’emploi (PPE) telle qu’elle existe. Dans un entretien au Parisien, M. Fabius calcule : “Si l’on prélève 1 à 1,5 milliard d’euros (sur les 4 milliards d’euros de la PPE) pour la généralisation du RSA, cela veut dire que c’est la fin de la PPE, telle qu’elle éxiste”, explique Laurent Fabius. “On ne va pas régler la problème du pouvoir d’achat en ponctionnant les gens qui ont déjà un pouvoir d’achat faible”, ajoute M. Fabius.

Des craintes partagées par François Bayrou, qui s’est de nouveau élevé contre ce redéploiement partiel de la Prime pour l’emploi : “nous ne considérons pas qu’il soit socialement juste ni acceptable de faire payer la solidarité par les plus pauvres”, a déclaré le leader centriste en clôturant une réunion à Paris d’élus et ex-candidats de son parti aux municipales.

“Je ne comprends pas cette obsession du gouvernement et de sa majorité de faire payer la solidarité par ceux qui ont moins, et de ne pas mettre à contribution ceux qui ont plus”, a-t-il ajouté.

Source : Le Monde

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Le prix des produits laitiers en forte hausse

Le prix du lait payé aux producteurs français continue de monter, ce qui devrait entraîner de nouvelles augmentations de 5% à 10% en 2008 pour le yaourt, le fromage et le beurre.

Ce n’est pas une surprise et cela confirme nos craintes. Le prix du lait sera très élevé cette année car la demande mondiale de produits laitiers continue de progresser”, a déclaré lundi à l’AFP Olivier Picot, président de l’Association de la transformation laitière (Atla) qui regroupe industriels privés et coopératives.

Le prix payé aux producteurs va augmenter de 26% au deuxième trimestre, selon la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), après 20% au quatrième trimestre 2007 et 37% durant les trois premiers mois de cette année.

L’industrie laitière estime “à près de 1,5 milliard d’euros l’impact de cette augmentation dans ses prix de revient” car le lait représente entre 50% et 90% des coûts des différents produits laitiers.
Les consommateurs devraient ainsi cette année payer leurs produits laitiers entre 5% et 10% plus chers, “à condition que les distributeurs fassent des efforts”, estime M. Picot.
Selon Atla, une hausse de 10% représente une dépense supplémentaire de 6 euros par mois pour un ménage.

La tension est toujours très forte entre industriels et distributeurs pour répartir, en rognant sur leurs marges, l’impact de cette explosion des prix.

Ainsi fin janvier, les centres Leclerc avaient annoncé le retrait de leurs rayons de six articles très connus de grandes marques, parmi lesquels les boîtes de 12 fromages La Vache qui rit (groupe Bel), en accusant les industriels de leur imposer des tarifs trop élevés. Ils sont depuis revenus sur leur décision.

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Des jeunes nationalistes corses mis en examen pour des attentats contre des bâtimens publics

Sept jeunes nationalistes corses ont été mis en examen à Paris, vendredi 25 avril, pour une douzaine d’attentats visant des bâtimens publics, commis entre septembre et février derniers et imputés au FLNC-Union des combattants, la principale organisation armée indépendantiste, a-t-on appris de source judiciaire. Ces personnes, qui ont été arrêtées lundi dernier à Ajacccio et sont âgées de 18 à 27 ans, ont reconnu les faits.

Les policiers et magistrats antiterroristes Thierry Fragnoli et Gilbert Thiel pensent avoir, pour la première fois depuis 2002, résolu une suite d’attentats, grâce à des aveux et des preuves matérielles comme l’analyse de communications téléphoniques et des traces ADN.

Les suspects ont notamment reconnu leur implication dans le mitraillage du tribunal d’Ajaccio le 19 février, où un CRS avait été touché par une balle qui l’avait laissé miraculeusement indemne en se fichant dans son portefeuille. Ils ont avoué être impliqués dans le jet d’une grenade sur la préfecture de la même ville le 20 décembre 2007. Les autres actions admises concernent notamment deux autres mitraillages du tribunal en novembre et janvier, et un double attentat le 23 décembre contre la trésorerie d’Ajaccio et une caserne de gendarmerie.

Source : Le Monde

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Malgré “déception” et “erreurs”, Sarkozy veut tenir le cap!!

Tout en reconnaissant la “déception” des Français et ses propres “erreurs”, Nicolas Sarkozy a affiché sa volonté de tenir le cap de la “réforme”, jeudi soir à la télévision, face à une majorité mécontente, des sondages en berne et une situation économique dégradée.

Un an après son élection, au cours de l’émission “En direct de l’Elysée” (TF1 et France 2), le chef de l’Etat a fait amende honorable sur plusieurs sujets: “erreur de communication totale” sur le paquet fiscal, “erreur” aussi sur la carte famille nombreuse, “erreur” encore de ne pas avoir sanctionné les “couacs” de ses ministres (”cela ne se reproduira pas”). Il a également admis “une part de responsabilité” dans l’exposition de sa vie privée.

“Qu’il y ait de la déception”, “des attentes”, “des problèmes”, “des difficultés, non seulement je le sais, je l’entends, mais je m’y étais préparé”, a-t-il assuré, assis derrière une table au design moderne, dans la salle des fêtes du palais présidentiel transformée en studio.

La vie des Français ne s’est “pas assez” améliorée en un an, a-t-il reconnu.

Toutefois, si le “choc de confiance” promis n’a pas été au rendez-vous, c’est que “la France a eu à faire face à un quadruple choc”, a expliqué M. Sarkozy: renchérissement du pétrole, crise des “subprimes”, flambée de l’euro et des matières premières.

Pour autant, pas question de ralentir. “On a un contexte international difficile, raison de plus pour accélérer les réformes”, a-t-il martelé, réfutant les critiques, formulées jusque dans son camp, sur le rythme des chantiers engagés. “J’ai lancé 55 réformes, parce que tout se tient”.

Sans annonce retentissante, il a défendu ses réformes, comme la défiscalisation des “heures sup”. “Ca marche !”

Pour le pouvoir d’achat, préoccupation majeure des Français, le président a regretté que les prix aient “davantage augmenté en France” que dans la plupart des autres pays d’Europe. Un texte destiné à les faire baisser dans les grandes surfaces sera présenté en juin.

En outre, François Fillon - “un bon Premier ministre” avec lequel il “travaille main dans la main” - déposera un texte “dans les 15 jours” sur l’intéressement.

Un salarié sera “obligé d’accepter un emploi représentant 95% de son salaire au bout de trois mois de chômage”.

Quant au Revenu de solidarité active (RSA), il sera généralisé “l’année prochaine”, mais “en en maîtrisant les coûts”, pour “1 ou 1,5 milliard d’euros”.

Le déficit public, qui inquiète la Commission européenne, sera “réduit” à l’horizon 2012, grâce au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, a promis M. Sarkozy.

En pleine controverse sur les salariés sans papiers, il a exclu toute “régularisation globale”, qui conduirait “à la catastrophe”. Favorable “à titre intellectuel” au vote aux élections locales des non-Européens en France depuis 10 ans “sur la base de la réciprocité”, il juge qu’il n’y a “pas de majorité” pour cette mesure.

Fermeté sur les retraites, avec la confirmation du passage à 41 ans de cotisations, et fermeté aussi sur l’école: “je maintiens les réformes qui permettront les réductions de postes”, à l’origine de manifestations lycéennes, a-t-il dit sans s’engager sur les chiffres.

En matière de politique étrangère, le chef de l’Etat dit avoir été “choqué par ce qui s’est passé au Tibet”. Mais Paris “essaie de créer les conditions d’un dialogue entre le dalaï lama et les autorités chinoises”.

Pour M. Sarkozy, cette émission faisait figure d’oral de rattrapage, après trois mois de sondages calamiteux. A peine plus d’un Français sur quatre estime que son action va “plutôt dans le bon sens” (CSA).

“Le cap du changement est bien tenu”, s’est aussitôt félicité François Fillon.

A l’inverse, Julien Dray (PS) a regretté que “l’inquiétude et la colère” des Français n’aient pas été “levées”. “Inquiétudes confortées” aussi pour la CGT.

“Trop Nicolas, pas assez Sarkozy” (Eric Fottorino)

Depuis un an le président a beaucoup agi et s’est beaucoup agité. Il s’est s’impliqué lui-même dans des affaires décisives ou mineures, rabaissant son premier ministre au rang de collaborateur et son gouvernement en troupe de figurants. Y compris ses ministres d’ouverture tenus pour de simples ralliés quand on les aurait voulus porteurs d’un consensus moderne.

De la réforme des régimes spéciaux à celle de la carte judiciaire, des heures supplémentaires défiscalisées à la fusion Unedic-ANPE, du contrôle de l’immigration à la rétention de sûreté, du fameux bouclier fiscal à la réforme des universités, le nouvel élu n’a guère chômé. Puisant sa substance dans le mouvement et cherchant sa cohérence dans la parole, préférant l’ubiquité à la rareté, la jonglerie avec cent dossiers plutôt que l’aboutissement d’un seul.

Source : Le Monde

Venez commenter ici, son interview dès 20h15
retransmis sur TF1, France télévision mais également BFM TV et I>Tele

Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, 79 % des Français déplorent le manque de progrès

Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, les Français portent un regard critique sur son bilan. L’action du président et de son gouvernement n’a pas permis d’améliorer la situation de la France et des Français, estiment 79 % des personnes interrogées par l’Ifop pour le Journal du Dimanche. Ils n’étaient encore que 59 % à le penser en novembre 2007.

Selon ce sondage publié dimanche 20 avril, 49% des Français estiment même que l’action du chef de l’Etat et du gouvernement n’a “pas du tout” amélioré la situation. Même chez les sympathisants de l’UMP, l’action du gouvernement n’obtient pas plus de 50 % d’approbation.

Une certaine impatience se lit également dans ce sondage, puisque parmi les réponses suggérées à la question posée - ” Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, diriez-vous que l’action du président et de son gouvernement a permis d’améliorer la situation de la France et des Français ?” -, aucun sondé (ou trop peu pour être comptabilisé) n’a répondu qu’il était “trop tôt pour juger”.

Par ailleurs, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy a encore fléchi, pour atteindre son niveau le plus bas depuis son élection en mai 2007. Elle se situe désormais à 36% (- 1 point), loin derrière celle du premier ministre, François Fillon, 52% (- 6 points).

Source : Le Monde

Chômeurs les sanctions se durcissent

Le gouvernement, qui veut définir “les droits et devoirs des chômeurs” avant la négociation sur l’assurance chômage, a distillé lundi ses intentions pour durcir l’indemnisation des chômeurs refusant des offres d’emploi jugées “valables”, leurs droits diminuant au fil du temps

Le ministère de l’Emploi va consulter les partenaires sociaux à partir de jeudi, avant de présenter officiellement un texte lors de la conférence gouvernement-syndicats-patronat du 6 mai sur l’assurance chômage.

Nicolas Sarkozy, qui martèle depuis des mois sa volonté de sanctions accrues, a annoncé mardi la prochaine présentation d’un texte de loi prévoyant des sanctions (suspension ou réduction des allocations) pour les chômeurs refusant deux offres “raisonnables” d’emploi.

Selon les Echos, Bercy prévoirait “des sanctions renforcées au bout de six mois” pour les chômeurs s’installant “trop durablement” dans le chômage. Au bout de six mois, “le chômeur devrait accepter tout emploi requérant moins de deux heures de transport par jour et rémunéré, par exemple, au moins 70% de son salaire antérieur”, précise le quotidien.

Bercy a assuré lundi que ce scénario n’est pas “le texte finalisé ni discuté par les ministres”, mais a cependant déclaré que “l’indemnisation n’est pas faite pour prendre un temps trop long de recherche d’emploi ou avoir des prétentions hors du commun”.

“Le palier sera-t-il de six mois, neuf mois, douze mois? Les choses sont ouvertes à concertation”, selon l’entourage de Mme Lagarde.