Les pêcheurs face aux grossistes

Des marins-pêcheurs vident les étals de deux grossistes en poissons à Caen

Une centaine de marins-pêcheurs ont vidé vendredi matin les étals de deux grossistes en poissons de la périphérie de Caen, avant de se rendre au péage de Dozulé, sur l’A13, pour une opération “péage gratuit”, a-t-on appris auprès des gendarmes et de la police

Les marins-pêcheurs s’en sont pris aux établissements Lequertier et Grimault de Mondeville (Calvados), deux grossistes en poissons, crustacés et coquillages frais et surgelés.

Ils ont “saccagé la marchandise en la jetant par terre”, a indiqué une source policière. Selon cette source, l’opération a débuté vers 4H15 par l’interception, à proximité des deux établissements, d’un camion transportant des produits de la mer qui a été vidé de son contenu.

Les marins-pêcheurs se sont dirigés ensuite en convoi vers le péage de Dozulé, sur l’A13, à une vingtaine de kilomètres de Caen, en ralentissant fortement la circulation. Là, ils ont laissé passer les automobilistes gratuitement, a indiqué une source de la gendarmerie.

“Nous allons mener des actions flash comme ça un peu partout au cours des deux ou trois prochains jours”, avait expliqué jeudi soir à l’AFP Pascal Marie, un patron-pêcheur de Port-en-Bessin (Calvados).

Les pêcheurs protestent contre la flambée des prix du pétrole et la faiblesse des cours du poisson.
Jeudi, les marins-pêcheurs de nombreux ports français avaient poursuivi leurs actions contre la cherté du gazole, se disant “insatisfaits” du plan d’aide gouvernemental et désavouant leurs représentants nationaux qui les appelaient à mettre fin au mouvement.
Outre le blocage de plusieurs ports et dépôts de carburant, les pêcheurs avaient mené de nombreuses actions contre la grande distribution, vidant des rayons de magasins pour servir gratuitement des clients.

Face à cette colère, le ministre de la Pêche, Michel Barnier, avait annoncé jeudi qu’il “s’engageait solennellement” à une mise en oeuvre “extrêmement rapide” des mesures d’aide à la profession annoncées la veille, d’un montant de 110 millions d’euros pour 2008.
Mais la Commission européenne avait indiqué dans le même temps son intention d’être vigilante à propos de ces mesures, laissant planer un doute sur leur mise en application.

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les prix alimentaires en forte hausse depuis l’automne 2007

Les prix des produits alimentaires ont augmenté fortement en France, surtout depuis l’automne 2007, en particulier pour les produits laitiers et à base de céréales, selon une étude publiée mardi par l’Insee.
Entre février 2007 et février 2008, les prix alimentaires ont progressé de 5% en France “et de façon similaire chez les principaux pays européens (+5,8% pour la zone euro et +6,6% pour l’ensemble de l’Union européenne)”, indique l’Institut national de la statistique.
L’envolée est particulièrement forte pour les produits laitiers ou les produits à base de céréales, relève l’Insee.

Pour le poste “lait, fromage et oeufs”, les prix en France ont augmenté de 9,8% entre septembre 2007 et février 2008 alors même que la hausse n’avait été que de 2,1% au cours des six années précédentes (septembre 2001-septembre 2007). Pour le poste “huiles et graisses”, qui inclut le beurre, l’évolution est comparable.

Le pain “est le premier produit alimentaire dont le prix a augmenté”, note l’Insee. “Entre juin et novembre 2007, le prix de la baguette s’accroît de 4,1%. Puis il reste quasi-stable de novembre 2007 à janvier 2008″ alors que le prix d’un steak dans la bavette de boeuf “augmente de 0,4%”.
Pour les trois autres produits étudiés en détail (le beurre, les pâtes alimentaires et le lait UHT demi-écrémé”, l’Insee relève une hausse “beaucoup plus sensible, de l’ordre de 9%”.
“Mais malgré le caractère spectaculaire de quelques hausses et quelques baisses, les variations restent, dans leur majorité, d’ampleur modérée”, nuance l’Insee

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blocage maintenu des dépôts de carburant et des ports

Les pêcheurs poursuivaient lundi matin le blocage des ports de La Rochelle et des dépôts de carburant du port de commerce de La Pallice, a indiqué à l’AFP Pascal Guénézan, l’un des organisateurs du mouvement de protestation contre la hausse du prix du gazole à La Rochelle.

“On continue de bloquer les ports. Pour les dépôts de carburant, ça a marché à 100%, aucun camion n’est entré ni sorti des dépôts ce matin”, a-t-il souligné. Depuis dimanche soir une cinquantaine de pêcheurs se relaient à tour de rôle pour bloquer l’accès aux dépôts, sans incidents, selon la gendarmerie.

“Au moins 70 camions n’ont pas pu sortir et plusieurs dizaines d’autres qui étaient en route pour venir s’approvisionner ont fait demi-tour quand ils ont été prévenus”, a ajouté M. Guénézan, patron pêcheur à La Rochelle, qui a réaffirmé que ce blocage durerait “au moins jusqu’à mercredi”.
Ces dépôts de carburant alimentent une grande partie des stations-service et des supermarchés du Centre Ouest. Chaque jour, plusieurs centaines de camions viennent s’y approvisionner.
Les pêcheurs en colère attendent une réunion mercredi sur les aides accordées à la profession que doit présider le ministre de la pêche Michel Barnier.

Une vingtaine de pêcheurs maintenaient par ailleurs lundi matin un barrage filtrant à l’entrée du pont de l’île d’Oléron, destiné à empêcher les camions transportant des produits de la mer de se rendre sur l’île, a-t-on appris auprès de la gendarmerie.

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Grève bien suivie dans l’Education

Lycéens et fonctionnaires, en majorité des enseignants, ont défilé jeudi par milliers contre la suppression de milliers de postes, une mobilisation à laquelle Nicolas Sarkozy a répondu en annonçant un projet de loi “avant l’été” sur l’accueil des enfants.

“J’ai demandé au gouvernement de déposer avant l’été un projet de loi qui instituera un droit à l’accueil des enfants inscrits dans nos écoles”, a dit le président de la République dans une déclaration.

La grève a aussi touché le reste de la Fonction publique : elle a été observée par 24,8% des agents de l’Etat (dont la Poste et France Télécom), chiffre similaire à celui de la dernière grève unitaire du 24 janvier (24,7%), et 6% des agents des collectivités territoriales, selon le ministère; Dans les hôpitaux elle a été suivie par un peu plus de 5% des personnels, selon le ministère et la CGT-Santé.

Les manifestations ont réuni en France entre 200.000 personnes selon la police, et 300.000 manifestants selon la FSU. Ils étaient 7.000 à 30.000 à Marseille, 12.000 à 30.000 à Nantes, 7.000 à 15.000 à Grenoble. A Paris, ils étaient 18.000 selon la police, entre 50.000 et 60.000 selon la FSU, dont des milliers de lycéens.

La quasi-totalité des fédérations et syndicats de l’Education, y compris l’enseignement privé sous contrat, et les parents d’élèves FCPE appelaient à manifester contre les 22.900 suppressions de postes dans la fonction publique, dont 11.200 dans l’Education (8.830 dans le public) prévues en 2008, alors que 35.000 sont déjà annoncées pour 2009.

A leur côté, appelaient aussi les syndicats lycéens UNL et Fidl, des syndicats étudiants et les principaux syndicats de fonctionnaires (sept sur huit dans la Fonction publique d’Etat).
Jeudi, M. Darcos a mis à nouveau en place le service minimum d’accueil (SMA) dans 2.837 communes (sur 22.500 ayant une école), dispositif consistant à rémunérer des agents municipaux pour garder les enfants les jours de grève, grâce aux retenues sur salaires des grévistes.

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Jean-Louis Borloo dément une hausse du prix du gaz pour les particuliers

Le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo, a profité des questions au gouvernement, mercredi 7 mai à l’Assemblée, pour démentir une nouvelle hausse du prix du gaz de 1,5 % en juillet, annoncée, mardi, par la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

“Il n’y aura pas d’augmentation pour le consommateur et l’utilisateur” le 1er juillet, a-t-il assuré, expliquant que les raisons invoquées par la CRE pour justifier cette hausse, à savoir l’augmentation des tarifs des canalisations de gaz à la même date, n’aura pas d’impact pour les prix de la consommation des foyers.

Le démenti de M. Borloo fait suite aux déclarations ambiguës du secrétaire d’Etat à la consommation, Luc Chatel, et du ministère de l’économie, qui indiquaient que le gouvernement n’avait pas encore tranché cette question. Bercy est le seul habilité à prendre la décision finale en la matière.

Les tarifs du gaz pour les particuliers ont déjà augmenté à deux reprises depuis le début de l’année, de 4 % le 1er janvier, puis de 5,5 % le 30 avril. Tout en rappelant que le prix du pétrole, sur lequel le prix du gaz est indexé, a augmenté de “plus de 50 % en six mois”, M. Chatel a défendu la politique gouvernementale, qui a, selon lui, “pris en compte la donne pouvoir d’achat”. Pour étayer ses propos, il a notamment mis en avant la création d’un “tarif social du gaz” destiné à quelque 700 000 foyers défavorisés. Prévu dans la loi sur l’énergie de décembre 2006, il n’a toujours pas vu le jour mais le gouvernement avait assuré, fin mars, que son décret d’application serait publié en juillet.

Source : LeMonde

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L’amputation” de la prime pour l’emploi inquiète l’opposition et les syndicats

Le redéploiement partiel de la prime pour l’emploi pour financer le Revenu de solidarité active (RSA), annoncé jeudi par Nicolas Sarkozy, suscite les inquiétudes d’une partie de la classe politique et des syndicats qui craignent que les salariés modestes soient ainsi pénalisés pour aider les plus pauvres. Le chef de l’Etat a déclaré qu’il voulait généraliser le RSA “l’année prochaine” en le finançant par un redéploiement partiel de la Prime pour l’emploi (PPE), pour un coût de “1 ou 1,5 milliard d’euros”.

L’ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius a estimé, samedi 25 avril, la réforme proposée jeudi par Nicolas Sarkozy représente la fin de la Prime pour l’emploi (PPE) telle qu’elle existe. Dans un entretien au Parisien, M. Fabius calcule : “Si l’on prélève 1 à 1,5 milliard d’euros (sur les 4 milliards d’euros de la PPE) pour la généralisation du RSA, cela veut dire que c’est la fin de la PPE, telle qu’elle éxiste”, explique Laurent Fabius. “On ne va pas régler la problème du pouvoir d’achat en ponctionnant les gens qui ont déjà un pouvoir d’achat faible”, ajoute M. Fabius.

Des craintes partagées par François Bayrou, qui s’est de nouveau élevé contre ce redéploiement partiel de la Prime pour l’emploi : “nous ne considérons pas qu’il soit socialement juste ni acceptable de faire payer la solidarité par les plus pauvres”, a déclaré le leader centriste en clôturant une réunion à Paris d’élus et ex-candidats de son parti aux municipales.

“Je ne comprends pas cette obsession du gouvernement et de sa majorité de faire payer la solidarité par ceux qui ont moins, et de ne pas mettre à contribution ceux qui ont plus”, a-t-il ajouté.

Source : Le Monde

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Le prix des produits laitiers en forte hausse

Le prix du lait payé aux producteurs français continue de monter, ce qui devrait entraîner de nouvelles augmentations de 5% à 10% en 2008 pour le yaourt, le fromage et le beurre.

Ce n’est pas une surprise et cela confirme nos craintes. Le prix du lait sera très élevé cette année car la demande mondiale de produits laitiers continue de progresser”, a déclaré lundi à l’AFP Olivier Picot, président de l’Association de la transformation laitière (Atla) qui regroupe industriels privés et coopératives.

Le prix payé aux producteurs va augmenter de 26% au deuxième trimestre, selon la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), après 20% au quatrième trimestre 2007 et 37% durant les trois premiers mois de cette année.

L’industrie laitière estime “à près de 1,5 milliard d’euros l’impact de cette augmentation dans ses prix de revient” car le lait représente entre 50% et 90% des coûts des différents produits laitiers.
Les consommateurs devraient ainsi cette année payer leurs produits laitiers entre 5% et 10% plus chers, “à condition que les distributeurs fassent des efforts”, estime M. Picot.
Selon Atla, une hausse de 10% représente une dépense supplémentaire de 6 euros par mois pour un ménage.

La tension est toujours très forte entre industriels et distributeurs pour répartir, en rognant sur leurs marges, l’impact de cette explosion des prix.

Ainsi fin janvier, les centres Leclerc avaient annoncé le retrait de leurs rayons de six articles très connus de grandes marques, parmi lesquels les boîtes de 12 fromages La Vache qui rit (groupe Bel), en accusant les industriels de leur imposer des tarifs trop élevés. Ils sont depuis revenus sur leur décision.

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